III. Traitements/Névralgie cervico-brachialeRachis cervical · Pathologie

La névralgie cervico-brachiale

La majorité des névralgies cervico-brachiales évoluent favorablement avec un traitement médical et ne nécessitent pas d'intervention chirurgicale. Une consultation médicale et un examen clinique restent cependant indispensables pour confirmer le diagnostic, rechercher d'éventuels signes de gravité et proposer une prise en charge adaptée.

Comprendre

Quels sont les symptômes d'une névralgie cervico-brachiale ?

La névralgie cervico-brachiale est une douleur d'origine neurologique provoquée par l'irritation ou la compression d'une racine nerveuse au niveau du rachis cervical. Elle est parfois comparée à une « sciatique du bras ».

La douleur part généralement du cou et se propage dans l'épaule, le bras, l'avant-bras et parfois jusqu'à la main ou aux doigts. Son trajet dépend de la racine nerveuse comprimée.

Les racines nerveuses cervicales prennent naissance au niveau de la moelle épinière et sortent du canal rachidien par des orifices situés entre les vertèbres, appelés foramens.

Ces racines participent ensuite à la formation des différents nerfs destinés au membre supérieur.

Lorsqu'une racine nerveuse est comprimée ou irritée, une douleur peut apparaître le long de son trajet dans le bras.

La douleur peut être ressentie sous forme de :

  • décharges électriques ;
  • brûlures ;
  • fourmillements ;
  • engourdissements ;
  • diminution de la sensibilité.

Certains mouvements du cou peuvent déclencher ou augmenter les douleurs.

Le trajet de la douleur dépend de la racine nerveuse concernée. La zone de la peau correspondant principalement à une racine nerveuse est appelée dermatome.

Une névralgie cervico-brachiale peut également être accompagnée d'une perte de force dans certains muscles du bras, de la main ou des doigts.

Origines

Quelles sont les causes d'une névralgie cervico-brachiale ?

Les deux principales causes sont la hernie discale cervicale et la sténose foraminale.

La hernie discale cervicale

Les vertèbres cervicales sont séparées par des disques intervertébraux qui jouent un rôle d'amortisseur.

Lorsqu'une partie du disque se déplace vers le canal rachidien ou vers le foramen, elle peut irriter ou comprimer une racine nerveuse.

Cette compression peut provoquer une névralgie cervico-brachiale.

La sténose foraminale

Les racines nerveuses quittent le canal rachidien par des orifices appelés foramens.

On peut comparer le foramen à un trou de serrure permettant le passage de la racine nerveuse vers le bras.

Avec l'usure progressive du rachis cervical et l'arthrose, ce passage peut progressivement se rétrécir.

Lorsque le foramen devient trop étroit, la racine nerveuse peut être comprimée.

On parle alors de sténose foraminale.

Pourquoi une névralgie cervico-brachiale apparaît-elle ?

La douleur peut apparaître spontanément, sans facteur déclenchant identifiable.

Elle peut également être liée à l'usure et à la dégénérescence progressive des disques et des articulations du rachis cervical.

Dans certaines situations, les symptômes apparaissent après un choc, un traumatisme ou lors de la pratique d'une activité sportive.

Le tabagisme constitue un facteur favorisant reconnu de dégénérescence des disques intervertébraux.

Cependant, de nombreux patients peuvent présenter une hernie discale cervicale ou une sténose foraminale sans facteur de risque particulier.

Bilan

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur trois éléments complémentaires :

  • l'histoire des douleurs et leur trajet dans le membre supérieur ;
  • l'examen clinique ;
  • l'imagerie du rachis cervical.

L'examen clinique permet notamment d'évaluer la force musculaire, la sensibilité et les réflexes.

Il permet également de rechercher d'éventuels signes de compression de la moelle épinière et d'éliminer d'autres causes de douleurs du bras.

L'IRM cervicale sans injection est généralement l'examen de référence.

Elle permet d'étudier les disques intervertébraux, les racines nerveuses, le canal rachidien et la moelle épinière.

La présence d'une hernie discale, d'arthrose ou d'une sténose foraminale sur une IRM ne signifie pas nécessairement que cette anomalie est responsable des douleurs.

Le diagnostic repose donc toujours sur la concordance entre les symptômes du patient, l'examen clinique et les images de l'IRM. On parle de concordance radio-clinique.

Vigilance

Quels sont les signes de gravité ?

Certaines situations nécessitent une évaluation médicale rapide.

Vous devez consulter rapidement en cas de :

  • diminution de la force dans le bras, la main ou les doigts ;
  • paralysie qui apparaît ou s'aggrave ;
  • douleur extrêmement intense et incontrôlable malgré un traitement antalgique adapté, notamment lorsqu’elle nécessite un traitement par morphine ;
  • apparition de difficultés à marcher ou de troubles de l'équilibre ;
  • maladresse inhabituelle des mains ou difficulté à effectuer des gestes précis.

Les troubles de la marche, de l'équilibre ou de la motricité fine des mains peuvent faire suspecter une compression de la moelle épinière au niveau cervical.

Une évaluation spécialisée est alors nécessaire.

Prise en charge

Quel est le traitement d'une névralgie cervico-brachiale ?

En l'absence de signe de gravité, le traitement initial est généralement non chirurgical.

Il peut associer :

  • des médicaments contre la douleur ;
  • des anti-inflammatoires lorsqu'ils sont indiqués ;
  • un repos relatif avec maintien d’une activité adaptée aux douleurs ;
  • de la kinésithérapie, notamment avec des exercices adaptés à la situation du patient.

Certaines infiltrations cervicales réalisées sous contrôle de l'imagerie peuvent être discutées dans des situations sélectionnées.

Leur indication et la technique utilisée doivent être évaluées individuellement en raison des risques potentiels liés à certaines infiltrations cervicales.

L'évolution naturelle d'une névralgie cervico-brachiale est variable.

Chez certains patients, les douleurs diminuent progressivement et peuvent disparaître spontanément.

Chez d'autres patients, les symptômes peuvent persister, récidiver ou s'aggraver.

Il n'existe pas de moyen fiable de prédire précisément l'évolution individuelle de la maladie.

Indication chirurgicale

Quand faut-il envisager une opération ?

Une intervention chirurgicale peut être proposée lorsque les douleurs persistent malgré un traitement médical bien conduit et entraînent une gêne importante dans la vie quotidienne.

En dehors des situations urgentes ou de l'existence d'un déficit neurologique, une période de traitement conservateur est généralement proposée avant d'envisager une intervention.

La décision dépend notamment :

  • de l'intensité et de la durée des symptômes ;
  • du retentissement sur la vie quotidienne et professionnelle ;
  • de l'existence d'une perte de force ;
  • de l’évolution des symptômes ;
  • de la concordance entre l'examen clinique et l'imagerie.

Plusieurs interventions chirurgicales peuvent être proposées.

L'arthrodèse cervicale par voie antérieure est l'une des interventions les plus fréquemment pratiquées. Elle consiste à retirer le disque responsable de la compression, à libérer les structures nerveuses puis à stabiliser le niveau opéré à l'aide d'un implant.

Dans certaines situations, le disque peut être remplacé par une prothèse discale cervicale afin de conserver une mobilité au niveau opéré.

Certaines compressions nerveuses peuvent également être traitées par une intervention réalisée par l'arrière du cou.

Depuis plusieurs années, les techniques de chirurgie endoscopique du rachis cervical permettent, dans certaines indications sélectionnées, de traiter une compression nerveuse à l'aide d'une caméra et d'instruments introduits par une incision de petite taille.

La foraminotomie cervicale postérieure endoscopique permet notamment de libérer la racine nerveuse en préservant le disque et la mobilité du rachis cervical, sans mise en place d'implant.

En savoir plus sur la foraminotomie cervicale postérieure endoscopique

Cependant, la chirurgie endoscopique ne convient pas à toutes les situations.

Une consultation avec un chirurgien du rachis permet de déterminer la technique la plus adaptée à chaque patient.

Questions fréquentes

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